Tenez-vous prêts parce que le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas. Luc 12, 40.

Superstition, magie, satanisme

Note pastorale de la Conférence épiscopale de Campanie.

      Après la Conférence épiscopale de Toscane, qui avait consacré le 15 avril 1994 une Lettre pastorale à « Magie et démonologie » (cf. DC 1994, n°2104, p. 988-998), c'est au tour de la Conférence épiscopale de Campanie (25 diocèses ou abbayes territoriales, avec pour métropoles principales Naples, Benevento, Salerne) de se préoccuper de « la recrudescence impressionnante des pratiques magiques ». Voici le texte de la Conférence épiscopale, rendu public le 2 avril 1995 (Texte italien dans Il Regno-Documenti, 1er juin. Traduction de la DC):


INTRODUCTION

I. Superstition et occultisme
      La superstition
      La magie
      La divination
      Le satanisme et la démonologie

II. « Dieu seul tu serviras; c'est lui seul que tu adoreras » (Dt 6, 13; Lc 4, 8)
      Le précepte de l'Écriture
      Le Jugement de l'Église
      Raisons culturelles et sociales du phénomène
      Un monde d'escroquerie et d'immoralité

III. Pistes d'action pastorale
      Évangéliser
      Veiller
      Accueillir
      Catéchiser
      Sanctifier
      Bénir
      La pratique des exorcismes
      Libérer les opprimés
      L'intervention de l'Église

Conclusion
      Jésus est le Seigneur (1 Co 12, 3)


INTRODUCTION


      1. La tâche de conduire le Peuple de Dieu et d'annoncer l'Évangile nous fait expérimenter sans cesse la fécondité de la Parole de Dieu qui, par la prédication, suscite la foi dans le coeur des hommes et engendre des témoins du Nom de Jésus, Sauveur du monde.

      En tant qu'évêques, auxquels ont été confiées les Églises particulières de la région de Campanie, nous ressentons la responsabilité de veiller sur le troupeau du Seigneur et de mettre en garde contre des idéologies et des pratiques religieuses qui tendent à altérer, ou même à faire disparaître, la foi chrétienne, en la remplaçant par des ersatz qui éloignent du Christ et de son Église.

      2. En particulier, notre attention et notre préoccupation se portent vers la recrudescence impressionnante des pratiques magiques. Des enquêtes récentes nous informent que le phénomène est en train de prendre des dimensions très vastes, que ce soit à l'étranger ou en Italie.

      Les Italiens qui leur font confiance ou qui, fréquemment, se servent des magiciens, seraient, semble-t-il, plusieurs millions. Les chiffres qui tentent de recenser les magiciens et leurs clients sont impressionnants.

      3. L'ignorance religieuse est sans doute la cause principale des déviations en ce domaine, qui sont répandues, malheureusement, chez les personnes jeunes comme âgées, chez les personnes plus ou moins instruites et même, assez souvent, chez des fidèles qui fréquentent habituellement nos églises.

      4. Certains sont des clients habituels des magiciens, chiromanciens et « voyants », dont ils attendent la réponse non seulement aux grandes interrogations de la vie mais aussi la solution à leurs petits problèmes quotidiens d'argent, de travail, d'affection, de succès, espérant prévoir, sans prendre trop de risques, leur avenir.

      5. De plus, au cours des dernières décennies, s'est développé, même en Italie, le phénomène des « nouvelles croyances » ou - comme on dit - des « nouveaux mouvements et sectes », où affluent nombre de nos frères et soeurs qui font une apostasie complète de la foi chrétienne et recherchent dans ces groupes la solidarité et la chaleur d'une vie fraternelle. Une Note pastorale récente (mai 1993) de la Conférence épiscopale italienne a attiré notre attention en ces termes: « Le phénomène des sectes, des nouveaux mouvements religieux et les tendances syncrétistes qu'ils véhiculent souvent, unis au climat de relativisme qui caractérise notre société, doivent rappeler à tous les chrétiens, spécialement ceux qui ont une responsabilité dans la conduite et l'enseignement de la communauté ecclésiale - évêques, prêtres, diacres, théologiens et catéchistes - leur devoir de professer, témoigner et annoncer la vérité chrétienne authentique et intégrale » (Conférence épiscopale italienne, Secrétariat pour l'oecuménisme et le dialogue. L'impegno pastorale della Chiesa di fronte ai nuovi movimenti religiosi et le sette (1993), n. 18.).

      6. Souvent, ceux qui pratiquent l'occultisme créent des liens entre leurs pratiques et les sciences: médecine, astrologie, psychologie, psychiatrie et forces paranormales.

      Ces aspects, qui n'entrent pas dans le cadre de la présente note, rendent certainement plus fascinant le monde de l'occulte et lui confèrent, quant à la considération du public, une « respectabilité » qui n'appartient qu'aux sciences expérimentales.

      7. L'intention de cette note, qui s'adresse aux prêtres, aux diacres, aux catéchistes et à tous les ouvriers pastoraux de nos communautés, est d'attirer l'attention de nos communautés sur un phénomène complexe et qui se répand partout, et, en même temps, de donner certains critères d'évaluation de la superstition, de la magie et de la démonologie (première partie); de rappeler le jugement moral de l'Église (seconde partie) et d'indiquer certaines pistes d'action pastorale (troisième partie).

      Dans la partie finale de la Note, on étudie aussi l'action pastorale de l'Église telle qu'elle s'exprime par le rite de l'exorcisme: pouvoir ecclésial que le Christ Ressuscité lui a confié pour répandre dans le monde entier son règne de vérité et de vie.

      8. Dans le contexte de l'évangélisation et de la promotion humaine et chrétienne de nos frères, nous nous proposons de parvenir ensemble à un christianisme adulte et joyeux dans la foi, en donnant une main fraternelle aux membres les plus faibles de nos communautés, peut-être éprouvés pas l'angoisse de la souffrance, aux principes éthiques vacillants et non suffisamment ancrés dans les certitudes de la foi. C'est avant tout à ces frères que nous voudrions faire expérimenter combien l'Église est l'instrument et le signe du salut dans le monde et pour tout homme. (Cf. LG, 1; GS, 43).


I. Superstition et occultisme


      9. Il n'est pas difficile de constater combien les déviations les plus communes de nos populations en ce qui concerne le sens religieux correct, rentrent généralement dans la catégorie de l' « excès pervers de la religion » (Catéchisme de l'Église catholique (CEC), n. 2110): la foi chrétienne authentique apparaît altérée en tant que la seigneurie de l'unique Seigneur qui s'est révélé à son peuple est obscurcie. Sans nier formellement la toute-puissance de Dieu, on la vide de fait, en plaçant à côté d'elle des créatures et des « pouvoirs » qui prennent sa place ou se posent comme une alternative.

      Rappelons les formes les plus répandues d'aliénation de la foi chrétienne, en les situant dans une sorte de crescendo quant à leur gravité et aux conséquences négatives pour le croyant.


      La superstition

      10. La superstition consiste à croire que peuvent exister dans les choses matérielles des pouvoirs surnaturels qui exercent une influence sur la vie de l'homme. Ces pouvoirs doivent être connus, maintenus propices ou apaisés, et il existe des personnes qui sont aptes à parvenir à ce but: astrologues, chiromanciens, cartomanciens, magiciens. Les personnes superstitieuses s'adressent à eux pour obtenir protection contre l'adversité, aide et faveur pour la sécurité personnelle, moyens pour mener une vie tranquille et facile, informations sur l'avenir que l'on juge crédibles.

      La magie

      11. C'est une pratique rituelle pour laquelle « on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain » (CEC, n. 2117). La magie prend des formes diverses et peut viser des fins différentes.

      Le présumé commun à toutes ses expressions est « une vision qui croit à l'existence de forces occultes qui exercent une influence sur la vie de l'homme et sur lesquelles celui qui exerce la magie (ou l'usager) pense pouvoir exercer un contrôle par l'intermédiaire de pratiques rituelles capables de produire automatiquement des effets: le recours à la divinité - quand il existe - est purement fonctionnel, subordonné à ces forces et aux effets recherchés.

      La magie n'admet aucun pouvoir supérieur à elle-même; elle affirme qu'elle peut contraindre les « esprits » eux-mêmes ou les « démons » évoqués à se manifester et à accomplir ce qu'elle demande » (Conférence épiscopale de Toscane, À propos de magie et de démonologie (1994), n.6).

      L'exercice de la magie se fonde sur la conviction que l'on peut agir sur des forces occultes impersonnelles, supra-humaines et « supra-mondaines », qui commandent - ou exercent une influence sur - la vie de l'homme, sur les événements de l'histoire et du cosmos.

      12. Un rôle essentiel est attribué à « l'acteur » (magicien, cartomancien, medium, astrologue, radiesthésiste), auquel on reconnaît des pouvoirs supérieurs pour interférer sur la cours des événements et les modifier selon ce que désire le demandeur, par l'intermédiaire de rites appropriés.

      13. La magie blanche est un rite qui vise à rendre propices la santé, la grossesse, le travail, les études, le jeu, la vie de famille, les activités commerciales, les animaux. On croit que ce rite est également efficace pour combattre la malchance, éloigner les sorts de tout genre, le mauvais oeil, aider les drogués et les personnes alcooliques à sortir de leur vice, se protéger des voisins envieux, des commérages, des mauvaises langues, et même pour libérer les maisons infestées par des lutins, des diables ou des bruits particuliers.

      14. La magie rouge ou rose concerne exclusivement le domaine sexuel. Elle vise à conquérir sexuellement la personne dont on est amoureux, à faire revenir la personne aimée, à rendre propice un mariage, à augmenter le désir sexuel entre conjoints, concubins, fiancés, et même couples du même sexe.

      15. La magie noire est pratiquée dans l'intention de nuire aux autres, d'invoquer les esprits mauvais pour porter préjudice à ses ennemis, provoquer des troubles psychiques chez ses rivaux, faire apparaître des forces négatives comme le mauvais oeil ou les sorts, créer des difficultés, des empêchements, des procès, des vengeances, provoquer des maladies et la mort.

      16. Chacun de ces rites a son correspondant contraire, que l'on peut demander au magicien ou pratiquer seul en se procurant le « matériel » et les formulaires adéquats. Dans tous les cas, la dépense est toujours considérable; elle peut aller de quelques centaines de milliers de lires à des dizaines de millions.


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      La divination

      17. Très répandue également est la pratique de la divination, c'est-à-dire tenter de prévoir l'avenir à partir de signes tirés de la nature ou en interprétant des présages, en consultant les horoscopes, l'astrologie, la chiromancie, en recourant à des personnes dont on croit qu'elles peuvent « révéler » l'avenir en utilisant leurs dons présumés de « voyance ». Certaines gens n'entreprennent pas un voyage, n'exercent pas d'activités économiques et ne prennent pas de décisions (familiales, de travail, d'affaires) sans avoir auparavant consulté un magicien, une sorcière ou leur horoscope.

      18. Sous une forme encore plus grave, la divination recourt à l'évocation des morts par l'intermédiaire d'un medium ou de personnes dotées de « sens », ou même de Satan et des démons.

      Les « messages » sont transmis sous forme de rubans magnétiques qui auraient enregistré les voix des trépassés, d' « écriture automatique », de cadrans comportant des lettres et des phrases. Souvent se constituent des groupes ésotériques ou occultistes qui, pendant des années, réunissent leurs adeptes pour des séances périodiques.

      « La consultation des horoscopes, l'astrologie, la chiromancie, l'interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l'histoire et finalement sur les hommes, en même temps qu'un désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec l'honneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu seul » (CEC, n. 2116).


      Le satanisme et la démonologie

      19. La forme la plus blasphématoire est représentée par l'invocation, la fréquentation et le culte de Satan et des démons, par l'intermédiaire de rites où les adeptes placent leur vie sous la domination du Malin, renonçant - au moins implicitement - à la foi baptismale et à l'appartenance à l'Église.

      Le démon est vu non pas comme la personnification du mal sous le contrôle de Dieu, mais comme un dieu autonome, omniprésent, tout puissant et, à l'évidence, malin. Non pas une force à combattre mais un allié puissant qu'il vaut mieux avoir de son côté et une divinité à adorer.

      20. Dans les rites sataniques, on rencontre fréquemment ce que l'on appelle des « messes noires » avec profanation d'hosties consacrées, soustraites furtivement, contre récompense, dans nos églises.

      Du reste, tout l'appareil rituel magique prévoit un large emploi d'objets du culte catholique: parements, croix, monogrammes, bougies, encens, eau bénite, sel, sonnette, lampes, ampoules, couronnes et symboles tirés des objets du culte liturgique. Sur les écrans des télévisions privées, on voit même apparaître des magiciens accoutrés de chasubles, d'étoles et de croix bien en évidence, qui prononcent des prières et des exorcismes tirés des livres liturgiques.

      Nous pouvons comprendre combien peuvent être désorientés certains fidèles qui n'ont que peu de capacité critique, spécialement quand les acteurs de l'occulte se présentent comme des ministres ordonnés ou bien « des prêtres de rite oriental », de manière à créer encore davantage de confusion.

      21. En terminant ce bref excursus, on ne peut pas ne pas réfléchir, avec une profonde préoccupation, sur l'effet encore plus dévastateur qu'exerce la propagande des magiciens quand elle est menée par l'intermédiaire de la télévision. Trop de personnes sont portées à considérer qu'un message est d'autant plus crédible qu'il « vient de la télévision »: c'est là un problème de caractère général, certes, mais qui assume des connotations particulièrement alarmantes dans le domaine de la magie.

      Désormais, à n'importe quel moment de la journée, les stations de télévision privées donnent l'antenne à des chiromanciens et des « voyants », que l'on laisse libres de propager leurs faussetés en pénétrant dans les foyers et en manipulant, « par l'intermédiaire des ondes », la conscience des personnes le plus exposées à la suggestion, qui assistent à leurs programmes. Cette forme de diffusion des messages, sur fond de magie ou d'ésotérisme, typique de la civilisation de l'image dans laquelle nous vivons, doit nous rendre encore plus conscients de l'exigence d'une intervention pastorale décidée et, en même temps, elle doit inviter les autorités compétentes à élaborer des codes de vigilance pour éviter que des personnages sans scrupules utilisent les émissions télévisées - bien public - pour profiter d'une manière toujours plus massive de la crédulité d'autrui.


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II. « Dieu seul tu serviras; c'est lui seul que tu adoreras » (Dt 6, 13; Lc 4, 8)


      Le précepte de l'Écriture

      22. La superstition, l'idolâtrie, la magie et la divination sont condamnées en termes très sévères depuis l'Ancien Testament: « Ne vous tournez pas vers les nécromanciens et ne recherchez pas les devins: ils vous souilleraient. Je suis le Seigneur, votre Dieu » (Lv 19, 31). « Celui qui s'adressera aux nécromanciens et aux devins pour se prostituer à leur suite, je me tournerai contre cet homme-là et je le retrancherai du milieu de son peuple... car je suis le Seigneur, votre Dieu » (Lv 20, 6-7).

      À toutes les époques, le peuple de Dieu est constamment tenté de se composer un syncrétisme religieux et moral, et de se soustraire ainsi au Seigneur, l'unique Sauveur (Dt 13, 6).

      Aussi, même dans la période qui a suivi l'Exil, on rappelle que la divination, les sortilèges, les auspices et la magie, les charmes, la consultation des esprits et des morts sont une grave apostasie de la foi: « Quiconque fait ces choses est en abomination au Seigneur » (Dt 18, 12).

      23. Le Nouveau Testament, en étroite continuité avec l'Ancien, affirme l'unicité et la seigneurie absolue de Dieu le Père et le salut universel par le nom de Jésus. L'apôtre Paul énumère « l'idolâtrie, la magie, la sorcellerie » parmi « les oeuvres de la chair »: péchés qui nous font perdre l'héritage du royaume de Dieu (Ga 5, 20-22).


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      Le Jugement de l'Église

      24. Tout au long de l'histoire, en continuité avec ce qu'enseigne l'Écriture, l'Église, sans entrer dans les détails des phénomènes que nous venons de rappeler ci-dessus, les a toujours et sans cesse condamnés sans équivoque.

      Les raisons principales pour lesquelles la foi oppose un net refus aux pratiques magiques se résument dans le fait qu'elles constituent un péché contre la sainteté et le caractère unique de Dieu: ces actes contredisent le premier commandement quant à l'absolue seigneurie de Dieu; ils s'accompagnent de tromperie et de fausseté; ils favorisent l'immoralité; ils vident de son contenu la foi chrétienne en la rédemption et le salut opéré par le Christ.

      25. Les pratiques occultistes, quelle que soit leur forme, sont incompatibles avec la foi chrétienne. La superstition, la divination, la magie, le satanisme « sont en contradiction avec le respect dû à Dieu seul » et sont objectivement des actes « gravement contraires à la vertu de religion » (CEC, n. 2110-2117). La magie et la sorcellerie sont, en soi, un péché grave, même si, parfois, interviennent des facteurs subjectifs qui atténuent la responsabilité des personnes. Elles sont un péché contre Dieu, Créateur et Seigneur de toutes choses, à qui seul appartiennent le passé, le présent et l'avenir: lui seul peut connaître à fond la signification de tous les événements.

      À lui appartiennent toutes les choses créées, qui sont toutes bonnes en elles-mêmes parce qu'elles sont l'oeuvre de ses mains, mais aucune d'entre elles ne peut revendiquer pour elle la divinité. La superstition et la magie méconnaissent la Providence, la bonté de Dieu le Père et l'amour infini par lequel, dans le Christ, nous est révélé tout ce qui est nécessaire à notre salut et à notre bonheur.

      26. Les pratiques magiques et occultistes sont moralement abominables parce qu'elles naissent de la tentative de satisfaire tous les besoins ou caprices humains: de vouloir faire face, toujours et tout de suite, à toutes les crises existentielles; de la volonté de se protéger contre les risques que comporte toujours l'avenir; de l'excès des désirs matériels et des plaisirs circonscrits dans un horizon purement terrestre (amours aberrants, richesses, santé, longévité et un avenir agréable et sans problèmes). Elles constituent un péché d'injustice contre la sagesse, la bonté et la Providence de Dieu.

      27. Mais elles sont aussi une offense grave à la dignité de l'homme lui-même. En effet, le recours aux mages est une abdication de l'homme, un renoncement à sa dignité et à sa liberté humaine, un acte de peur devant la vie que, au contraire, nous devons affronter avec courage.

      La superstition blesse l'homme au plus profond de son être, la signification de sa vie, la dimension authentique de ses actes qui sont humains quand ils sont le fruit de sa liberté et de sa volonté.


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      Raisons culturelles et sociales du phénomène

      28. Les croyances et les pratiques magiques constituent des phénomènes très complexes par leur arrière-plan historique, psychologique et social.

      Les historiens de la religion ont mis en lumière le fait que, dans les nombreuses régions, la magie et la mentalité magique viennent d'un fond culturel païen, que la prédication évangélique et la christianisation n'ont pas fait disparaître complètement.

      Dans les régions de l'Italie du sud aussi, la superstition et la magie semblent être un héritage de formes antiques de paganisme local.

      29. En outre, notre siècle a vu apparaître des idéologies scientistes et matérialistes, qui ont essayé d'annihiler la foi, jugée incompatible avec le droit de l'homme à construire seul son propre avenir, sans l'aide de Dieu.

      La culture aberrante des « pouvoirs » (magiques, démoniaque) est, à sa manière, une réaction contre le rationalisme scientiste et une fuite vers l'irrationnel, favorisée par le contact avec l'ésotérisme et les religions orientales.

      30. C'est en effet un relief particulier que prend le phénomène des nouveaux mouvements religieux et des sectes, qui trouvent un terrain particulièrement favorable dans des « communautés chrétiennes qui n'expriment pas dans leur plénitude les potentialités de vie et de témoignage que l'Évangile fonde et propose » (L'impregno pastorlae..., n. 11).

      31. L'homme contemporain est en train de vivre une période de faiblesse de la raison. Si, d'une part, la vie et la foi chrétiennes lui semblent une voie étroite, parce que l'Église est exigeante et que la révélation du Saint postule une « sainteté » difficile pour un homme pécheur, d'un autre côté, il n'a pas honte de mendier de la part de mages et de soi-disant « hommes éclairés » les réponses aux interrogations sur le sens de sa vie.

      32. Le recours à la magie peut être également interprété comme une recherche de sécurité pour surmonter des situations de désarroi existentiel, de souffrance et de peur quant à l'avenir.

      Le recours à un mage correspond souvent au besoin de surmonter des situations de fragilité psychique et un sentiment de frustration devant des insuccès.

      33. L'homme a besoin de conceptions totalisantes de la vie, en mesure de rendre raison du mystère qui l'entoure; il demande à être libéré de la souffrance, du mal et de la peur de la mort. En tout cas, le recours aux mages et à l'intervention de Satan dénote toujours une grave déficience dans la connaissance et la pratique de la foi chrétienne.


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      Un monde d'escroquerie et d'immoralité

      34. Nous avons mis en relief, en premier lieu, la signification religieuse et morale du phénomène de la magie. Cependant, les dommages, très graves, ne se limitent pas à la sphère de la vie intérieure et de la foi. Il faut se rendre compte que l'activité occultiste représente aussi une escroquerie colossale, destinée à vider les poches des adeptes, après avoir vidé leur coeur et les avoir rendus esclaves d'une superstition sans aucun fondement. Dans ce domaine, on peut bien dire que les mages excellent à construire leur « fortune », en spéculant sur la crédulité du prochain. Séances, rites, talismans, amulettes, poudres, livres et revues, cours par correspondance, vêtements, certificats, etc., représentent une véritable et propre « industrie », extrêmement rentable. Profitant d'une facile suggestion chez qui se laisse impliquer dans ce type d'expériences, et en utilisant des trucages difficiles à démasquer, mages, astrologues, chiromanciens, cartomanciens, médiums et « guérisseurs » réussissent à attirer l'attention et la confiance de qui est disposé à tout, pourvu qu'il sorte de situations de souffrance et de défaite. D'habitude, les clients en sortent en mauvais état moralement, qu'il s'agisse de l'esprit ou du portefeuille, avec des dommages difficilement réparables.

      35. Le témoignage de beaucoup de malheureux met aussi en lumière un autre aspect dégradant de toute l'activité des mages: les pratiques, les rites, les intérêts ont souvent un arrière-plan sexuel. Des prestations de ce genre sont demandées et offertes en cours de « séances de libération ». Le libertinage sexuel et l'homosexualité sont avalisés, favorisés et cultivés comme des paradis de bonheur, dont on jouit sans freins moraux et sans aucun respect de sa propre dignité et de celle d'autrui.

      36. Il y a enfin une possibilité non moins dramatique, celle que le voyant ou le mage (d'habitude dotés de fortes personnalités) réussissent à subjuguer complètement ou presque leurs adeptes, les amenant à un état de dépendance psychologique très semblable à l'asservissement.

      Les faits divers nous ont montré que de tels cas ne sont pas rares: on nous a entretenu de jeunes subjugués qui avaient abandonné leur famille et se pliaient complètement à la volonté du « marabout » mis en vedette, ou de personnes qui avaient été convaincues - on ne sait par quel système - d'abandonner au mage tout ce qu'elles possédaient.

      La justice pénale est souvent intervenue dans ces cas, mais évidemment une action préventive s'impose, en plus de la répression. Et prévenir ces phénomènes requiert de tous les agents éducatifs - école, famille, Église - un effort supplémentaire au plan de la formation, souvent dans les couches de la société les plus déshéritées.


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III. Pistes d'action pastorale


      37. Dans notre région aussi, la propagande en faveur des activités magiques s'exerce massivement. On la rencontre sur les panneaux publicitaires le long des routes, dans les annuaires téléphoniques, les quotidiens, les émissions de télévision ou de radio, les kiosques et les librairies.

      Devant un phénomène qui a pris des proportions aussi importantes, qui menace la foi authentique des chrétiens qui sont confiés à notre charge pastorale, il nous semble qu'il est impérieux d'intensifier le travail d'information, de sensibilisation et d'éducation sur ce sujet. En effet, ceux qui fréquentent les mages et occultistes sont malheureusement, dans leur très grande majorité, des chrétiens de nos communautés. Leur foi est tellement faible et déficiente qu'elle ne perçoit pas que la superstition, la magie et le satanisme se trouvent en antithèse radicale avec la foi chrétienne.


      Évangéliser

      38. Notre premier devoir est d'intensifier l'évangélisation des fidèles de toutes les couches sociales et de tous les âges, car la mentalité magique prend et prospère plus facilement là où manque la connaissance de la foi.

      L'Évangile fait connaître Dieu qui, par un acte souverainement libre, s'est « révélé » et s'est donné, par un amour gratuit, dans son Fils Jésus-Christ. « Le Christ, Rédempteur du monde, est l'unique médiateur entre Dieu et les hommes et il n'y a pas d'autre Nom sous le ciel par lequel nous puissions être sauvés (cf. Ac 4, 12)... En Jésus-Christ, non seulement Dieu parle à l'homme mais il le cherche... Pourquoi le cherche-t-il? Parce que l'homme s'est éloigné de lui » (Jean-Paul II, Tertio millennio adveniente, n. 4 et 7).

      Dans le Christ, Dieu le Père nous a tout donné et nous a tout dit. Il n'y a pas à attendre, de la part de Dieu, d'autres révélations exceptionnelles. La vie de foi est sans secousses plus ou moins miraculeuses et irruptions de surnaturel à bon marché. La foi, c'est remettre son existence à Dieu en accueillant de lui cette « vraie lumière » (Jn 1, 9) qui pénètre dans nos ténèbres et nous habilite à aller de l'avant.

      39. Désormais, la tâche de l'homme, c'est de répondre à l'appel de Dieu en sachant lire ses appels dans les événements qu'il vit, dans les personnes qu'il rencontre, dans les situations où il est plongé quotidiennement.

      La foi chrétienne implique ce « caractère définitif » des paroles et des gestes divins dans la personne du Christ Seigneur, constitué unique « chemin » et « porte » vers le monde de Dieu. « En aucun autre, il n'y a de salut » (Ac 4, 12).

      40. L'annonce de la doctrine et de la foi authentiques, l'expérience vivante du salut dans les sacrements, un fort lien fraternel et solidaire dans la communauté, l'engagement généreux dans le service de la charité: ce sont-là les antidotes les plus efficaces contre les ersatz de religion. Dans le même temps, nous recommandons à ceux qui enseignent la religion d'exercer une importante action éducative, pour empêcher les séductions de l' « occulte » de fourvoyer la conscience des jeunes.


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      Veiller

      41. Notre tâche est aussi de veiller sur le sentiment religieux et sur les pratiques par lesquelles les fidèles expriment leur foi chrétienne. Une mentalité superstitieuse est en mesure de corrompre même les actes du « culte que nous rendons au vrai Dieu, par exemple lorsqu'on attribue une importance en quelque sorte magique à certaines pratiques, par ailleurs légitimes ou nécessaires. Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors des dispositions intérieures qu'ils exigent, c'est tomber dans la superstition » (CEC, n. 2111).

      En particulier, une grande attention doit être apportée aux formes de la piété populaire et aux pèlerinages, surtout ceux qui sont effectués en des lieux d'apparitions présumées ou de phénomènes extraordinaires.

      42. Nous invitons aussi les groupes et mouvements qui se rassemblent pour des rencontres spirituelles et de prière, à éviter des gestes qui peuvent engendrer l'ambiguïté et exalter la matérialité des formes rituelles (imposition des mains, formules de libération, etc.), en faisant attention au climat psychologique créé par une certaine manière d'être ensemble.


      Accueillir

      43. Les personnes qui gravitent autour du monde de la superstition et de la magie ne sont pas seulement pauvre en culture et en foi. Souvent, leur pauvreté est encore plus radicale, en ceci qu'il leur manque des points de référence devant des événements humains fondamentaux. La souffrance, le mal, le manque de succès, la mort, ne peuvent pas être affrontés en se réfugiant dans le monde de l'occulte par l'intermédiaire des mages ou en adhérant à des communautés syncrétistes d'inspiration « orientale ».

      Ces gens, perdus devant le mystère de l'existence, ont besoin avant tout d'être accueillis, écoutés, éclairés, soutenus par la solidarité et l'intérêt que leur porte une communauté, afin de surmonter des situations d'anxiété, de peur et d'incertitude quant à l'avenir.


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      Catéchiser

      44. Nous invitons nos paroisses à se rendre aptes aussi à ce type d'accueil, en donnant aux personnes impliquées dans des expériences de magie un fort témoignage de tous les moyens de salut que l'on trouve dans l'Église: la Parole de Dieu, les sacrements (en particulier la pénitence et l'Eucharistie), la prière, la communion fraternelle, le service de la charité.

      45. La catéchèse et l'exposition systématique de la foi chrétienne sont particulièrement importantes, en mettant surtout en évidence: la bonté originaire de toute la création, la seigneurie absolue de Dieu Créateur et Père, l'esprit des Béatitudes, la rédemption et la restauration par le sacrifice et la victoire pascale du Christ sur le péché et sur le Malin, la perspective chrétienne du Royaume qui vient et auquel doivent se soumettre les hommes et les choses, afin qu'il soit tout en tous.

      46. Étant donné que la douleur physique et morale pousse de nombreuses personnes à chercher un soulagement auprès de ceux qui pratiquent l'occultisme, il est indispensable d'éclairer les fidèles sur la valeur de la Croix, en vue du salut total.

      « Chacun se demande quel est le sens de la souffrance et cherche une réponse à cette question au plan humain. Il adresse certainement maintes fois cette interrogation à Dieu, et il l'adresse aussi au Christ... Le Christ, en effet, ne répond ni directement ni de manière abstraite à cette interrogation humaine sur le sens de la souffrance. L'homme entend sa réponse salvifique au fur et à mesure qu'il devient participant des souffrances du Christ » (Jean-Paul II, Salvifici doloris, n. 26).


      Sanctifier

      47. La guérison spirituelle de l'homme pécheur se réalise par la miséricorde que le Père a répandue sur nous par son Fils.

      La grâce du Christ se communique aux hommes par la puissance de l'Esprit Saint, par les moyens des sacrements de l'initiation chrétienne (baptême, confirmation, Eucharistie), les sacrements de la « guérison » (pénitence et onction des malades) et les sacrements « sociaux » (Ordre et mariage).

      Par la Parole et les sacrements, l'Église accomplit sa mission de « sacrement universel de salut pour tout le genre humain » (LG, 1). En chaque communauté du monde où le Christ est annoncé et servi, s'accomplit l'oeuvre de notre Rédemption.


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      Bénir

      48. Dans le cadre de l'agir sacramentel de l'Église, les rites de bénédiction « manifestent la splendeur du salut du Ressuscité, désormais présent dans l'histoire comme un principe nouveau de transfiguration de la vie de l'homme et du cosmos. « Bénir » est en effet un acte sacramentel de l'Église, dans lequel se manifeste la foi en la présence active de Dieu dans le monde et la victoire pascale du Seigneur Jésus » (À propos de magie..., n. 18).

      Le nouveau livre liturgique offre une très riche série de formules pour bénir les personnes, les groupes familiaux, les lieux et les activités humaines.

      Le Livre des bénédictions, si on ne le comprend pas correctement, pourrait cependant favoriser une mentalité magique et superstitieuse.

      Il faut donc en comprendre l'esprit et suivre avec soin ses rites, qui visent précisément à ce que croissent la foi et la certitude que Dieu le Père nous est propice et nous bénit.


      La pratique des exorcismes

      49. Il n'est pas rare que des personnes se rendent chez les magiciens et les occultistes pour être libérées de présumées influences démoniaques, de maléfices et de sorts.

      Le résultat est que les problèmes se compliquent et s'aggravent par la suite. Le mauvais oeil, les sorts et les maléfices sont des actes dus à l'ingénuité et à la faiblesse de la foi, même s'ils constituent des déviations graves au plan objectif.

      Les demandes d'interférences démoniaques sont extrêmement dangereuses, parce que Satan est effectivement en mesure d'exercer une influence sur l'homme par la tentation et par une action extraordinaire, que Dieu permet dans certains cas. Certes, ce n'est pas en se confiant aux mages que l'on obtient de Dieu la libération des influences démoniaques. Jésus a dit que « Satan ne chasse pas Satan » (Mt 12, 26).


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      Libérer les opprimés

      50. Les cas où l'on s'adresse à un prêtre pour lui demander un exorcisme, parfois après des expériences délétères de mages et de sorciers, se font de plus en plus fréquentes.

      L'action pastorale du prêtre s'exercera dans la conviction que l'Église rend présente et opératoire la victoire du Christ sur le péché et sur le démon.

      La force salvifique du Christ atteint son sommet non pas dans l'exorcisme, mais dans les sacrements. Par ailleurs, l'influence la plus délétère que le démon exerce sur l'homme a lieu, non dans la possession, mais dans le péché.

      Contre l'influence démoniaque, l'exorcisme n'est ni le premier ni le plus puissant remède: celui-ci doit être recherché dans une vie spirituelle engagée, dans la vie fraternelle de la communauté ecclésiale, dans la fréquentation assidue des sacrements, dans la prière fervente et incessante, dans l'écoute docile de la Parole de Dieu.

      51. Le rapport bénévole et patient avec les personnes qui pensent qu'elles sont possédées par le démon doit amener à comprendre si l'on se trouve devant des formes de présence diabolique (possession) ou s'il s'agit de maladies psychiques (épuisement nerveux, fragilité psychique, déviance, tare, dissociation mentale, schizophrénie, épilepsie). Pour faire cette distinction avec sécurité, il est nécessaire de rechercher la collaboration de médecins et de spécialistes, de psychiatres, capables d'être aux côtés du prêtre et « qui aient le sens des réalités spirituelles » (Rite des exorcismes ad interim, n. 16).


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      L'intervention de l'Église

      52. « Le Christ a donné à ses Apôtres et aux autres disciples, dans l'exercice de leur ministère, le pouvoir de chasser les esprits mauvais (Mc 3, 13-15; Mt 10, 1; Mc 6, 7; Lc 9, 1; 10, 17). Il leur a promis l'Esprit Paraclet qui procède du Père en disant « Il établira la culpabilité du monde en fait de péché... parce que le Prince de ce monde est déjà jugé » (cf. Jn 16, 7 et 11). Parmi les signes qui accompagneront ceux qui croient, l'Évangile énumère l'expulsion des démons (Mc 16, 17; Ac 5, 16; 8, 6-7; 16, 18; 19, 12).

      Depuis lors, l'Église a toujours exercé le pouvoir reçu du Christ de chasser les démons et de repousser leur influence. Aussi prie-t-elle continuellement et avec confiance « au nom de Jésus » pour obtenir d'être libérée du Malin (cf. Mt 6, 13) » (Ibid., n. 6-7).

      53. Dans sa forme publique, ce ministère est réservé aux évêques et aux prêtres délégués par les Ordinaires des lieux (Cf. CIC, canon 1172). « L'exorcisme vise à expulser les démons ou à libérer de l'emprise démoniaque, et cela par l'autorité spirituelle que Jésus a confiée à son Église » (CEC, n. 1673).

      54. La mentalité selon laquelle « tout baptisé est un exorciste » tend à se répandre. Dans certains groupes ecclésiaux, on multiplie les réunions pour prier dans le but précis d'obtenir la libération de l'influence des démons. Le Saint-Siège a rappelé que cette pratique n'est pas légitime et « qu'il n'est pas permis non plus d'employer la formule de l'exorcisme contre Satan et les anges rebelles, qui est tirée de celle publiée par l'ordre du Souverain Pontife Léon XIII, et qu'il est encore moins permis d'employer le texte intégral de cet exorcisme » (Congrégation pour la Doctrine de la foi, Lettre Inde ab aliquot annis (1985), n. 2).

      55. Le Code de droit canonique déclare que personne ne peut procéder légitimement à des exorcismes sur des possédés s'il n'a pas obtenu de l'Ordinaire du lieu une permission spéciale et expresse (canon 1172, § 1), et il établit que cette permission ne doit être accordée par l'Ordinaire du lieu qu'à un prêtre qui se distingue par sa piété, sa science, sa prudence et sa vie intègre (§ 2).

      56. En fait d'exorcismes, l'Église procède avec une extrême prudence. Par leur nature et leur signification, ils sont réservés aux seuls cas de possession diabolique suffisamment établis. Ces cas sont les plus graves, mais aussi les plus rares. « S'il n'apparaît pas avec une certitude suffisante qu'il s'agit de signes d'une intervention diabolique, [le prêtre] ne doit pas faire l'exorcisme » (Rite des exorcismes... n. 16).

      57. Le ministère de l'exorciste doit s'exercer dans le contexte de la pastorale d'ensemble du diocèse. Pour répondre aux besoins des fidèles qui souffrent de troubles spirituels de ce genre, il est opportun que, sur le territoire diocésain, il y ait [un] ou plusieurs prêtres délégués de manière stable par l'évêque afin d'accomplir ce ministère, spécialement dans les sanctuaires et les églises très fréquentées.

      Il est souhaitable que les diocèses ou les métropoles établissent des centres de consultation et d'écoute, où des prêtres et des experts puissent donner un point de référence spirituelle et de discernement aux personnes qui en ont besoin.

      Quand il n'est pas possible pour un diocèse d'avoir ses propres exorcistes, les évêques pourront se mettre d'accord pour confier à certains prêtres un ministère interdiocésain ou de métropole. En tout cas, on doit interdire d'exercer des activités d'exorcisme à quiconque « n'a pas reçu la permission spéciale et expresse de l'Ordinaire du lieu » (CIC, can. 1172, §1).

      Il est demandé aux prêtres délégués aux exorcismes de présenter périodiquement un rapport écrit sur leurs activité et de respecter les Livres liturgiques approuvés et en usage dans l'Église. De plus, chaque année, sous la direction d'un évêque, on organisera une rencontre régionale pour la nécessaire évaluation, l'échange d'informations et une pastorale unitaire.


      Conclusion


      Jésus est le Seigneur (1 Co 12, 3)

      58. En terminant cette note, que nous confions aux prêtres et à tous les ouvriers pastoraux de notre région, nous voulons réaffirmer l'importance de l'évangélisation, de la catéchèse systématique, de l'intense vie sacramentelle dans les communautés paroissiales et du témoignage de solidarité fraternelle envers les frères et les soeurs qui sont faibles dans la foi, qui cherchent la solution à leurs problèmes en recourant à ceux qui pratiquent l'occultisme.

      Par notre proximité fraternelle, que ces frères puissent sentir toute la force victorieuse de Dieu et toute la tendresse du Christ, bon samaritain (cf. Lc 10, 29-30) qui a versé « l'huile de la consolation et le vin de l'espérance » (Préface commune VIII) sur les membres brisés de qui est tombé aux mains des brigands.

La Conférence épiscopale de Campanie      



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